Enfin une bonne nouvelle !


C'était notre avant-dernier message, publié sur ce site il y a plus d'un an: après avoir fait tout ce que nous pouvions pour convaincre, il ne nous restait plus qu'à attendre que les idées fassent leur chemin.

Notre attente a été longue. Mais elle n'a pas été vaine. Les choses commencent à bouger. Un des économistes français les plus en vue, Patrick Artus, a publié le 2 décembre un article dans lequel il adopte notre manière de raisonner.

Nous vous conseillons de lire ce papier. Reprenant la thèse que j'ai présentée pour la première fois le 16 septembre 2008 au CGEDD sur l'étroite liaison qui existe entre déficits extérieurs des pays et dettes internes de leurs agents, M. Patrick Artus explique de manière très claire les crises grecques, irlandaises … et celles qui vont suivre.

M. Patrick Artus est professeur d'économie à l'Ecole Polytechnique, professeur associé à l'université Paris I-Sorbonne, membre du Conseil d'Analyse Economique et du Cercle des Economistes, Directeur de la Recherche et des Etudes Economiques de Natixis.

Certes, M. Patrick Artus n'est pas infaillible. Il a même émis un certain nombre de pronostics qui se sont révélés clairement faux. Mais il est très loin d'être le seul. Car dans leur quasi-totalité, nos économistes, nos hauts fonctionnaires et donc nos hommes politiques s'appuient sur une théorie économique qui date de plus de trente ans et n'est plus du tout adaptée à la situation actuelle, notamment à notre adoption de l'euro.

M. Artus a une qualité qui est malheureusement devenue rare dans notre pays, où prospèrent les perroquets: il a gardé une attitude scientifique. Le scientifique n'est pas celui qui croit avoir raison. C'est presque le contraire. C'est celui qui utilise une théorie, dont il connaît les fondements et les limites, et en développe inlassablement les implications.

Quand il découvre que ces implications ne sont pas conformes à la réalité, il remet en cause sa théorie pour l'améliorer. C'est ainsi que s'est développé l'essentiel du savoir de l'humanité. Par l'humilité dans la quête de la vérité. Et c'est ce que vient de faire M. Artus.

Il sera néanmoins très critiqué. Car, on va bientôt s'en apercevoir, cette nouvelle manière de raisonner met à terre les propos péremptoires tenus depuis trente ans par nos élites. Or, si le scientifique s'enrichit des faits qui le contredisent, le bonimenteur doit paraître infaillible pour ne pas se retrouver nu.

Si je pouvais me le permettre, je conseillerais donc à M. Artus de consacrer un prochain article à expliquer la crise dite des subprimes de la même manière, par la relation entre les déficits extérieurs et l'endettement des ménages.

Il prendra ainsi les devants sur les critiques qui ne vont pas manquer de resurgir. Et il montrera que cette nouvelle manière de raisonner permettra d'éviter bien des erreurs à l'avenir.

Daniel Fédou, le 12 décembre 2010