Patrick Artus: pas d'erreur?


On invite le lecteur à prendre connaissance d'un article du 22 mars 2007 de M. Patrick Artus sur les perspectives économiques américaines, dont les pronostics ont été cruellement démentis par les faits 18 mois plus tard avec la crise des subprimes.

Nous n'en aurions pas parlé si l'auteur avait plaidé l'erreur ou était simplement resté silencieux. Mais il a expliqué le 20 janvier dernier, au cours d'un débat radiodiffusé consacré au sujet, qu'il ne s'était pas trompé. Son argumentation peut se résumer ainsi: ce qui s'est produit aux USA ne devait pas arriver. C'était tout à fait improbable. Il n'était donc pas souhaitable d'en parler.

Nous n'allons pas nous demander si les affirmations catégoriques de son article ont été bien choisies pour décrire son analyse probabiliste. Ce serait sans intérêt.

Mais nous ne pouvons pas laisser passer ces explications sans réagir. Car nous pensons que M. Patrick Artus a commis une erreur méthodologique: il n'a pas donné à l'endettement des agents économiques nationaux, en l'occurrence américains, l'importance que l'on doit selon nous lui donner.

L'oubli n'est sans doute pas accidentel : nous avions déjà relevé cette lacune dans 4 modèles réalisés par des économistes français de haut niveau, tout comme M. Patrick Artus, pour évaluer une mesure en projet. C'est donc une question de méthode. Elle fait l'objet de notre article: "Un chômage de compétitivité?".

Il faut donc en reparler. Car nous pensons que c'est la limite de l'endettement des agents qui fixe, avant tout autre contrainte, les limites de l'activité économique globale d'un pays dont les échanges avec l'extérieur sont déficitaires.

Daniel Fédou, le 21 janvier 2009.